À l’occasion de la Journée internationale des Nations Unies pour la lutte contre le discours de haine, le Geneva Institute for Multilateralism, Human Rights and Faith (GIMHRF) a participé, le 18 juin 2026 au Palais des Nations à Genève, à l’événement international « Interfaith Peer-Engagement for Human Fraternity and Peace », organisé conjointement par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (OHCHR), Al-Azhar et le Dicastère du Vatican pour le dialogue interreligieux. Cette initiative a réuni simultanément des participants à Genève, Rome, Le Caire et en ligne afin de renforcer le rôle des acteurs religieux dans la promotion de la fraternité humaine, des droits humains et de la paix.
Lors de la séance plénière d’ouverture, les participants ont été invités à formuler un engagement personnel (« pledge ») visant à transformer le dialogue interreligieux en actions concrètes au service de la dignité humaine, de la solidarité et de la paix.
Au nom du GIMHRF, ses deux codirecteurs, la Dre Élodie Tranchez et le Dr Boumédiène Benyahia, ont présenté leurs engagements respectifs.
La Dre Élodie Tranchez a rappelé que le GIMHRF est né à Genève avec la vocation de construire des ponts durables entre les États, les communautés religieuses, le monde académique et la société civile. Face aux fractures et aux polarisations croissantes, elle a souligné que « lorsque le dialogue devient le plus difficile, le véritable courage consiste précisément à rester en relation ».
Elle a mis l’accent sur le renforcement des capacités des acteurs religieux, en particulier des jeunes, des défenseurs des droits humains et des universitaires, ainsi que sur la sensibilisation des diplomates et des acteurs étatiques à la contribution spécifique des communautés de foi dans la mise en œuvre des droits humains, la prévention des conflits et la lutte contre les discours de haine.
Son engagement personnel a été formulé autour d’une ambition centrale : « briser les silos » entre Genève, Rome, Le Caire et Dakar, entre jeunes et responsables religieux, entre experts des droits humains, chercheurs, croyants et non-croyants. Elle a plaidé pour la co-construction de programmes d’apprentissage par les pairs, l’enseignement interdisciplinaire et la transformation de chaque rencontre interreligieuse en un processus partagé de responsabilité et d’action commune.
À l’occasion de cette Journée internationale pour la lutte contre le discours de haine, la Dre Tranchez s’est engagée à promouvoir des espaces où les jeunes, particulièrement les femmes et les personnes issues de minorités, puissent s’exprimer librement et sans crainte, y compris sur les questions religieuses et politiques les plus sensibles, dans le respect de la dignité humaine de chacun. Elle a également affirmé que le GIMHRF demeurera un espace « où la foi n’est jamais instrumentalisée contre l’autre, mais toujours mobilisée pour protéger chaque victime, quelle que soit son identité ».
Dans son intervention, le Dr Boumédiène Benyahia a présenté un « engagement de continuité, de responsabilité et d’action ». Il a rappelé qu’à une époque marquée par les guerres, la polarisation, les discours de haine, la désinformation et l’instrumentalisation des religions et des identités, « notre responsabilité n’est pas seulement de préserver le dialogue mais de faire en sorte que le dialogue produise de la connaissance, de la confiance, de la solidarité et de l’action concrète ».
Il a souligné que l’engagement interreligieux ne pouvait se limiter à des échanges inspirants mais devait générer un apprentissage partagé, des initiatives communes et des réponses concrètes aux défis contemporains. Selon lui, le multilatéralisme, les droits humains et la sagesse éthique des traditions religieuses constituent des forces complémentaires capables de répondre aux causes profondes des discours de haine, de la violence et des divisions sociales.
Le Dr Benyahia a également réaffirmé une conviction centrale de ses travaux académiques : « le droit humain à la paix doit être compris comme une condition préalable à la réalisation de tous les autres droits humains ». Il a rappelé que la paix ne se réduit pas à l’absence de guerre mais constitue un cadre permettant à la dignité, à la justice, au dialogue et à la solidarité de s’épanouir.
Dans cette perspective, il a annoncé la poursuite du développement de plateformes réunissant acteurs religieux, universitaires, diplomates, représentants de la société civile et jeunes de différentes régions du monde. Il a également évoqué le futur programme d’enseignement développé avec la Grande Mosquée de Paris et l’Institut Ibn Badis pour la formation des imams, aumôniers musulmans et conseillers religieux, ainsi que le renforcement des initiatives d’apprentissage par les pairs, des échanges internationaux et des programmes d’immersion diplomatique.
Concluant son intervention, il a lancé un appel à la coopération entre universités, communautés religieuses, organisations internationales, gouvernements, fondations et société civile afin de passer « des initiatives isolées aux communautés de pratique ; des déclarations à la mise en œuvre ; du dialogue à l’action commune ; et de la coexistence à une véritable fraternité humaine ».
Par sa participation à cette initiative internationale reliant Genève, Rome et Le Caire, le GIMHRF réaffirme son engagement en faveur de la fraternité humaine, du dialogue interreligieux, des droits humains, de la liberté de religion ou de conviction et du droit à la paix comme fondements essentiels d’un avenir commun plus juste et plus pacifique.
