Le 15 septembre 2026, le Dr Boumédiène Benyahia, co-directeur du GIMHRF, a participé à la réunion trimestrielle de la Faith for Rights commUNity of practices, organisée dans le cadre du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), en qualité de représentant du GIMHRF et de praticien engagé depuis plusieurs années dans le cadre onusien Faith for Rights.
Cette session, consacrée au thème « Faith-Based and Humanist Organizations and International Solidarity », a été marquée par la présentation de la Professeure Cecilia M. Bailliet, Experte indépendante des Nations Unies sur les droits de l’homme et la solidarité internationale. Les échanges entre partenaires, chercheurs et praticiens ont notamment porté sur la contribution des organisations confessionnelles et humanistes à la paix, à la cohésion sociale, au respect mutuel et à la solidarité internationale.
Cette réflexion s’inscrit dans la préparation du prochain rapport de l’Experte indépendante au Conseil des droits de l’homme, consacré au rôle des communautés et organisations religieuses et humanistes dans la promotion de la solidarité internationale.
Repenser la solidarité dans une ère de conflictualisation
Au cours de la discussion, Boumédiène Benyahia a proposé d’interroger la définition même de la solidarité internationale à l’aune d’un ordre mondial de plus en plus marqué par la conflictualisation, la militarisation et le recours récurrent aux rapports de force.
Pour le co-directeur du GIMHRF, la solidarité internationale ne saurait être réduite à l’aide humanitaire intervenant une fois les destructions accomplies. Elle doit également devenir une éthique et une pratique de prévention, capable de soutenir la médiation, la désescalade, le règlement pacifique des différends et la protection effective de la dignité humaine.
Il a notamment souligné le paradoxe d’un système international qui invoque fréquemment la solidarité tout en laissant la guerre, la coercition et la logique de puissance occuper une place croissante dans les relations internationales. Dans cette perspective, la paix ne peut demeurer un objectif secondaire, mobilisé après l’échec de la confrontation : elle constitue la condition première de l’exercice durable des droits humains.
Cette intervention prolonge les travaux menés par Boumédiène Benyahia en irénologie, droits humains et diplomatie spirituelle, ainsi que son plaidoyer en faveur d’une conception plus exigeante de la paix comme impératif juridique, institutionnel et éthique, et non comme simple aspiration morale.
Une idée a ainsi traversé son intervention : la solidarité internationale ne doit pas seulement réparer les conséquences de la guerre ; elle doit contribuer à empêcher que la guerre ne devienne la grammaire ordinaire des relations internationales.
Cette approche rejoint directement les travaux récents de Cecilia M. Bailliet. Dans son rapport « Paix et solidarité internationale » (A/HRC/62/38), l’Experte indépendante appelle la communauté internationale à privilégier la solidarité, l’inclusion et le règlement pacifique des différends plutôt que la militarisation et la division.
Pour le GIMHRF, cette participation confirme l’importance de construire des passerelles entre recherche académique, acteurs religieux et humanistes, mécanismes des Nations Unies et pratiques de terrain, afin de replacer la paix, la dignité humaine et la responsabilité partagée au cœur du multilatéralisme contemporain.
