Le 29 juin 2026, Dr Boumédiène Benyahia, co-directeur du Geneva Institute for Multilateralism Human Rights and Faith (GIMHRF), a pris part au dialogue international « Faith for Rights » organisé au Palais des Nations à Genève par le Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (Dr Michaël Wiener), en partenariat avec l’Observatoire des droits de la personne des Nations Unies et KWE! Rencontres avec les peuples autochtones.
Cette rencontre académique et institutionnelle, animée par la Professeure Pascale Fournier, directrice fondatrice de l’Observatoire, et Mélanie Vincent, femme de la nation Wendat, fondatrice de KWE! et coproductrice du documentaire Who Gets to Belong?, a porté sur les enjeux de l’identité autochtone, de l’appartenance, de la transmission intergénérationnelle et des droits humains, à travers l’analyse des conséquences durables de la discrimination fondée sur le sexe inscrite dans la Loi sur les Indiens du Canada.
Au cœur des échanges figurait le documentaire Who Gets to Belong? (« Qui a le droit d’appartenir ? »), consacré aux effets des politiques coloniales sur les femmes autochtones, leurs descendants et leurs communautés. Le film met en évidence les ruptures identitaires, familiales et culturelles provoquées par des dispositions législatives qui ont longtemps empêché des femmes autochtones de transmettre leur statut à leurs enfants.
Documentaire : https://vimeo.com/1204038247/43bf85e8f9?share=copy&fl=cl&fe=ci
À cette occasion, Dr Boumédiène Benyahia a souligné le comparatif sur les effets des législations coloniales dans la construction ou la négation de l’appartenance juridique et identitaire. Il a notamment mis en parallèle certaines conséquences de la Loi sur les Indiens avec celles du Code de l’indigénat appliqué en Algérie à partir de 1881, qui instituait un régime juridique d’exception fondé sur une profonde inégalité entre colonisateurs et populations autochtones. Ce système limitait les droits civiques et politiques des Algériens et consacrait une discrimination institutionnelle durable, aujourd’hui largement documentée par l’historiographie du fait colonial.
L’analyse a souligné que, dans les deux contextes, le droit colonial a servi d’instrument de définition de l’identité, du statut juridique et de l’appartenance à la communauté politique. Au-delà des différences historiques entre le Canada et l’Algérie, ces expériences montrent que les mécanismes juridiques d’exclusion produisent des effets intergénérationnels sur les familles, la transmission culturelle et la dignité des personnes.
Les échanges ont également porté sur les stratégies permettant de dépasser ces héritages : reconnaissance de la vérité historique, réformes législatives conformes aux normes internationales, réparation des discriminations, participation des peuples concernés aux décisions qui les touchent et promotion d’un dialogue interculturel fondé sur les droits humains.
Cette réflexion s’inscrit dans le prolongement des recommandations du Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones (EMRIP), qui recommande au Canada de mettre fin aux effets discriminatoires persistants de la Loi sur les Indiens, notamment ceux touchant les femmes autochtones et leurs descendants, conformément à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
Par cette participation, le GIMHRF réaffirme sa volonté de contribuer aux débats internationaux sur les liens entre mémoire coloniale, identité, liberté de religion ou de conviction, égalité et universalité des droits humains, dans une perspective de dialogue, de recherche et de compréhension mutuelle.
